Et si Darwin avait tout faux ? Dans le train qui m’emmène ce matin-là vers Paris, j’échappe au bruit ambiant en relisant avec un certain plaisir un article paru il y a deux ans dans le journal Le Monde. Le titre n’a rien perdu de son piquant : « La sélection naturelle aurait dû éliminer les girafes… et si Darwin avait tout faux ? »

Au-delà du zest de provocation de cet énoncé, le fond du propos n’a, à mon sens, rien perdu de sa pertinence.

Il relaie un constat proposé par le philosophe Daniel Milo auteur d’une tribune parue très récemment dans Le Monde. À savoir qu’une interprétation simpliste et dénuée d’objectivité, notamment à propos d’une théorie scientifique, peut conduire à des biais idéologiques sur notre vision de la société qui peuvent se révéler très négatifs à long terme.

Daniel Milo appuie sa démonstration sur la théorie de l’évolution exposée par Darwin et la notion de « sélection naturelle » qui, à force de simplisme, s’est peu à peu imposée de manière déviante dans notre pensée collective : dans la nature, la lutte est permanente, seuls les plus forts survivent. Et malheur aux plus faibles. Interprétation déviante qui, selon Milo, aurait servi en toile de fond de justification à des approches économiques, géopolitiques et politiques reprenant plus ou moins directement l’idée que « la loi du fort » ne peut être que la meilleure puisqu’issue de la Nature elle-même. Au prisme de notre époque, la remarque ne manque pas de pertinence…

Milo ne rejette pas en bloc la théorie de Darwin. Là où son approche est intéressante, c’est qu’il vient l’interroger de manière critique, objective. En reprenant à son compte l’exemple de la girafe que Darwin utilise lui-même dans « L’origine des espèces ».

Pour le scientifique anglais, la taille de la girafe, son cou démesuré et la hauteur de ses pattes peu flexibles sont le résultat d’une évolution naturelle. L’ancêtre de la girafe s’est « adapté » pour pouvoir aller chercher les feuilles le plus haut possible.

Milo amène une autre approche : cou trop long, jambes qui ne se plient pas, mise bas difficile et dangereuse, etc. : en termes d’évolution et de sélection naturelle, force est de constater que la girafe est loin, très loin de la « perfection » induite par Darwin quant aux « choix » de Mère Nature de favoriser ou non telle ou telle « innovation » biologique. Et pourtant, la girafe est toujours là.

Alors ? Darwin a-t-il « tout faux » comme le suggère le titre de l’article ? Que dit la Science, aujourd’hui, 167 ans après la parution de « L’origine des espèces ? ». Et la girafe, dans tout ça ? Milo nous propose une réponse pour le moins… surprenante.

Le train ralentit. Paris. Dans moins d’une heure je serai au Salon GLOBAL INDUSTRIE 2026. J’ai été invité par la Bpifrance à participer à ce formidable évènement où le futur s’imagine et se construit au travers d’un florilège d’approches et de visions du monde particulièrement éclectiques.

La réponse de Milo ?
Dans mon prochain post…

Frédéric FINAPrésident, Directeur Scientifique & Co-Fondateur de GENARO
What if Darwin got it all wrong? | GENARO | DATA VECTOR DNA